Baudelaire et la photographie

author : lozilla blog

Les mots par lesquels Baudelaire annonce la nouvelle technique à ses lecteurs quatre ans plus tard, dans son Salon de 1859, sont autrement plus froids, voire pessimistes. Pas plus que ceux qu'on vient de citer, on ne peut les lire aujourd'hui sans en déplacer l'accent. Mais comme ils forment le pendant de l'enthousiasme de Wiertz, ils ont gardé la valeur aiguë d'une défense contre toutes les usurpations de la photographie artistique. "Dans ces jours déplorables, une industrie nouvelle se produisit, qui ne contribua pas peu à confirmer la sottise dans sa foi, que l'art est et ne peut être que la reproduction exacte de la nature. Un Dieu vengeur a exaucé les voeux de cette multitude. Daguerre fut son messie." Et : "S'il est permis à la photographie de suppléer l'art dans quelques-unes de ses fonctions, elle l'aura bientôt supplanté ou corrompu tout à fait, grâce à l'alliance naturelle qu'elle trouvera dans la sottise de la multitude. Il faut donc qu'elle rentre dans son véritable devoir, qui est d'être la servante des sciences et des arts."

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